Edito Octobre
2011
EGALITE
Les collectivités territoriales
de Provence Côte d'Azur ont entrepris un remodelage des ports de plaisance et
de leur gestion.
Pour améliorer le service public?
On pouvait l'espérer.
Pour
accroître leur profit? Certainement.
Il nous paraît bon de rappeler à leurs
« Départements Mer », que la FRANCE pays de droits, a une Constitution, des
Lois, des Règlements, qui encadrent l'occupation du littoral maritime, domaine
d'un Service Public.
Et que les privilèges ont été abolis le 4 août 1789.
Un
premier constat s'impose :
nombre
de gestionnaires se sont arrogés le droit d'interpréter à leur profit, les règlements
du CPM, voire de leur substituer leurs propres règles qui créent des niches
à passes-droits, instituées par les règlements de port.
Ils ignorent ainsi
volontairement les exigences qui entourent toute occupation du littoral ainsi
que le droit d'accès à la mer pour tout citoyen.
Les ports de
plaisance se trouvant sur un domaine public, il leur est interdit d'y faire
du profit et toute gestion de domaine, accordée d'une manière temporaire, devrait
être 4 AOÜT 1789 gérée en bon père de famille :
Que les développements des
activités nautiques apportent aux collectivités un développement touristique
générateur de profits, c'est bénéfique pour la communauté locale et on ne peut
que s'en réjouir, mais les produits du port doivent rester exclusivement affectés
au fonctionnement du port
au
service des usagers , sans favoritisme particulier.
l'accès aux postes
libres du port, territoire public, doit être géré par une liste d'attente,
non modifiable,
transparente,
unique
Seule l'antériorité d'inscription
doit être prise en compte pour les attributions.
Nous
en sommes très loin.
On constate partout, l'existence de nombreuses
listes avec des attributions arbitraires des places vacantes.
Vient s'ajouter
pour faire bonne mesure une spéculation des tarifs qui se nourrit de la pénurie
des places de ports, au point que l'on peut se demander légitimement si cette
pénurie n'est pas entretenue volontairement.
L'augmentation du nombre de
places de passage avec des tarifs incontrôlables devient par exemple pour la
Chambre de Commerce et Industrie du Var, la tarte à la crême.
Ce Gestionnaire
régulièrement épinglé pour sa gestion opaque, par l'Inspection Générale du Commerce
et de l'Industrie, par la cour régionale des comptes, et plus récemment encore
par le conseil d'état, n'en continue pas moins, en toute impunité, à ignorer
la gestion d'un service public et considère le territoire portuaire comme une
entité privée.
Au pourcentage de 10% normalement réservés aux plaisanciers
visiteurs, la CCIV prétend l'étendre à plus de 60% , en supprimant progressivement
l'attribution de places vacantes aux annuels que l'on veut éliminer du port
pour la réserver aux « passages » dont la durée de séjour est portée à 9 mois
renouvelables.
Avec des tarifs qui ne correspondent pas aux services rendus,
mais qui sont le fait du prince, et sont en général triples du tarif annuel.
La
CCIV a ainsi inventé un nouveau concept de gestion du service public, où les
places ne sont pas attribuées suivant l'antériorité de la demande mais suivant
les possibilités financières des demandeurs.
La gestion de bon père
de famille est foulée aux pieds :
Les installations portuaires du port
de St Mandrier s'étant révélées dangereuses au public par manque d'entretien,
et interdites par décisions préfectorales, les associations de plaisanciers
locales avaient étudié dans les années 2000, la refonte des installations portuaires
et la construction d'appontements modernes qui créaient 200 places supplémentaires,
réalisant avant la lettre un port exemplaire, objet aujourd'hui de concours.
Ils
avaient proposé que les 200 places nouvelles soient vendues en garanties d'usage
permettant le financement des travaux sans augmentation de tarifs.
Ce qui
ne cadrait pas avec les objectifs CCIV du port pour les riches, qui refusa les
garanties d'usage, et ce sont en définitive les plaisanciers d'aujourd'hui qui
ont payé à travers des augmentations pharaoniques, les investissements pour
les plaisanciers de demain. Une illégalité de plus.
Une cerise
sur le gateau :
Et pour faire taire les récriminations des associations
de plaisanciers , la CCIV qui ne manque pas d'imagination, à défaut d'équité,
essaie de les compromettre en leur donnant la gestion de places « clubs » assorties
de passe-droits, tels que la transmission de l'anneau par héritage et d'une
liste d'attente spécifique échappant à l'antériorité de la demande.
Un miroir
aux alouettes qui parait bien fonctionner pour certaines associations.
Que
les délégataires se livrent à ces trafics! si on ne les excuse pas, on peut
les comprendre devant la soif dévorante de profits de notre époque, mais que
les collectivités locales dirigés par des élus, garants des lois de la république,
tolèrent, voire organisent ces pratiques, est proprement intolérable.
Plaisanciers! nous sommes aussi
électeurs,
ne
l'oublions pas.
Balayons devant
nos ports! Il en est temps.
Octobre 2011 Georges Assaiante